En un an, aucun projet d’énergie éolienne n’a été approuvé en France

L’éolien français dans l’impasse depuis plus d’un an

Par : Aline Robert et Frédéric Simon | EURACTIV.com | translated by Manon Flausch et Marion Candau

 17 janv. 2019

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/french-wind-energy-in-limbo-for-more-than-a-year/

Le gouvernement français a du mal à décider qui devrait délivrer les permis d’exploitation éolienne. Résultat : aucun nouveau projet ne peut voir le jour. [.Jot. / Flickr]

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En un an, aucun projet d’énergie éolienne n’a été approuvé en France. Pour Paris, qui tente de se présenter comme un champion climatique, la situation devient gênante.

Le gouvernement français a du mal à décider qui devrait délivrer les permis d’exploitation éolienne. Résultat : aucun nouveau projet ne peut voir le jour.

« La question de l’autorité compétente pour délivrer les permis d’installation de champs d’éoliennes terrestres en France est en suspens depuis plus d’un an. Il n’y a donc aucun nouveau permis et aucun nouveau projet ne peut se développer », regrette Giles Dickson, PDG de l’association d’entreprises WindEurope.

« Le gouvernement ne se décide pas à promulguer le décret qui réinstaurerait une autorité compétente et relancerait la machine », ajoute-t-il.

Contacté, le ministère de la transition écologique et solidaire n’a pas souhaité réagir.

Dans sa Programmation pluriannuelle de l’énergie, présentée en novembre, la France s’est fixé comme objectif d’installer 35 GW de capacités éoliennes terrestres d’ici 2028, contre les 14 GW actuels. Des objectifs qui resteront lettre morte si le blocage perdure, prévient Giles Dickson.

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« Nous voyons déjà le nombre de projets se tarir et la vente aux enchères de l’année dernière n’a pas amené autant de projets d’investissements que souhaité. Si la France veut sérieusement mettre en œuvre sa stratégie nationale en matière de climat et d’énergie, le gouvernement doit régler ce problème de toute urgence », conclut-il.

La deuxième vente aux enchères d’éoliennes terrestres en France en 2018 a été un flop, puisqu’elle n’a attribué que l’équivalent de 118 MW de projets, alors que 500 étaient proposés, selon WindEurope.

Scénario catastrophe

Et la situation est encore plus problématique pour l’éolien en mer. Depuis que la France s’est engagée en 2012 à construire le premier parc éolien expérimental du pays au large des côtes bretonnes, pas un seul projet n’a vu le jour. Le parc expérimental n’a pas été finalisé, les autorités s’étant rendu compte que les coûts de construction prévus étaient à présent nettement supérieurs aux prix concurrentiels du marché.

Pire encore, Paris a réduit ses objectifs à 5 GW d’ici 2028, malgré une proposition des autorités locales et de l’industrie éolienne de construire 10 GW de capacités à cette date. L’annonce, faite en novembre à l’approche de la COP à Katowice, a été qualifiée de « scénario catastrophe » par le syndicat français des énergies renouvelables.

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Dans ses scénarios pour 2030, publiés en 2017, WindEurope prévoyait 7 GW d’éolien en mer pour l’hexagone. Les projections seront mises à jour dans le courant de l’année, mais selon les informations recueillies par Euractiv, les chiffres français pourraient être revus à la baisse si la situation ne s’améliore pas.

Les perspectives de l’énergie éolienne en France ont semblé s’éclaircir en décembre, lorsque le gouvernement a publié un décret visant à accélérer la construction de parcs éoliens terrestres, en limitant les procédures administratives qui peuvent être déposées contre leur autorisation.

Selon Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement, la répartition des compétences est donc désormais claire sur le papier : l’Autorité environnementale française donne un avis, puis l’État, à travers le préfet de région, est chargé de délivrer le permis de construire. Ce qu’il ne fait pas le plus souvent.

En décembre, le syndicat des énergies renouvelables s’est félicité de la « bonne nouvelle » que constituait la publication du décret. Il reste cependant à trancher la question très importante de la désignation de l’entité chargée d’approuver les nouveaux projets.

« Sans cela, l’instruction de nombreux projets ne peut se poursuivre, ce qui a entraîné un grave ralentissement de l’industrie depuis plusieurs mois », explique Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables.

En outre, le décret ne répond pas à toutes les questions de l’industrie éolienne, notamment en ce qui concerne les procédures administratives lancées contre des autorisations antérieures, indique Arnaud Gossement.

Éolien contre nucléaire

Le retard persistant dans l’approbation de nouveaux projets alimente les spéculations selon lesquelles le gouvernement français aurait une motivation peu avouable pour freiner l’expansion de l’éolien : celle de privilégier l’industrie nucléaire.

En effet, la Programmation pluriannuelle de l’énergie concoctée par le gouvernement prévoit une hausse de la demande d’électricité à moyen terme. Un scénario discutable : le gestionnaire de réseau prévoit au mieux une stagnation de la demande. Cette hausse hypothétique correspond en revanche bien au projet du gouvernement de développer le nucléaire : seule une augmentation de la demande en électricité peut légitimer la construction de nouvelles centrales.

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