SCANDALEUX , les bois et forêts à toutes les dérives

LANOUÉE. PARC ÉOLIEN: LES RIVERAINS DÉBOUTÉS

Après la décision de la cour d’appel de Nantes qui autorise la construction du parc éolien de la forêt de Lanouée, Anne Marie Robic, déléguée de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) pour le Morbihan communique:

« Recours contre les éoliennes en forêt de Lanouée (Les Forges de Lanouée 56120)

La cour administrative d’appel de Nantes annule les jugements du tribunal administratif de Rennes : permis de construire, autorisation d’exploiter, dérogation à la protection des espèces protégées et autorisation de défrichement.

Par ce jugement lu en séance du 5 mars 2019, la SPPEF (Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France) et les riverains sont déboutés.

Ainsi, la nature, les paysages et le cadre de vie des habitants de nos communes rurales seront sacrifiées. Nos politiques en ont décidé ainsi. L’État délivre les arrêtés. Et, en droit, la Cour n’a pas trouvé de raisons pour l’interdire. L’éolien serait d’intérêt public, et l’implantation en forêt s’est imposée à défaut d’autres solutions…Chacun appréciera.

Ce jugement, s’il n’est pas annulé par le Conseil d’État, livre, partout en France, les bois et forêts à toutes les dérives.

Anne Marie Robic déléguée de la SPPEF pour le Morbihan »

 

LANOUÉE. PARC ÉOLIEN: L’INQUIÉTUDE DES OPPOSANTS AU PROJET

En juillet dernier, le tribunal administratif de Rennes a annulé toutes les autorisations données au projet de réalisation d’un parc éolien dans la forêt de Lanouée. En septembre, le pétitonnaire ainsi que le ministère de l’écologie faisaient appel de cette décision.

L’audience en Cour administrative d’appel s’est tenue à Nantes le lundi 4 février 2019 à 9 h15 en présence des 2 avocats Me Sébastien Collet pour la SPPEF et les riverains et Me Thomas Dubreuil avocat de Bretagne Vivante. Les conclusions du rapporteur public tendent à l’annulation du jugement du tribunal administratif, ce qui relancerait le projet de parc éolien géant. La Cour devrait rendre son jugement dans les prochains jours.

Anne Marie Robic déléguée de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) a diffusé un communiqué à la suite de cette audience dans lequel elle exprime ses craintes pour le massif forestier.

« Parc éolien géant en forêt de Lanouée : la Cour Administrative d’Appel de Nantes va-t-elle annuler le jugement du TA de Rennes ?
Si les conclusions du rapporteur public sont suivies par la Cour d’appel de Nantes, les plaies béantes de la forêt ne se refermeront pas dans la commune Forges de Lanouée.

On n’oubliera pas le 7 juillet 2017 quand le juge de Rennes sauvait la forêt de Lanouée du désastre écologique en cours, suivant ainsi le juge des référés. Les arrêtés du préfet du Morbihan étaient annulés. Les mâts des 16 ou 17 éoliennes dont de nombreux socles étaient déjà coulés et ferraillés, dans le second plus grand massif breton, Zone Naturelle d’Intérêt Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type 2, réservoir de biodiversité dans le Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE), ne se dresseraient pas au-dessus de la canopée.

Hélas, on se souviendra aussi du 11 septembre 2017. Nicolas Hulot, ministre de l’Ecologie, interjetait appel du jugement du tribunal administratif de Rennes, aux côtés de la société pétitionnaire les moulins du Lohan.

Si la justice penche cette fois pour le sacrifice de la forêt, le ministère de l’Ecologie portera pour longtemps le poids de ses ambiguïtés. Comment expliquer aux communes rurales en plein désarroi que l’Etat a pris le parti de la destruction de la nature ?

Car personne n’est dupe de l’efficacité énergétique de ces installations. L’intérêt est ailleurs. Le malaise s’est accru autour des ventes et reventes de la forêt et du projet éolien ainsi que de l’implication de l’Etat. En 2007, le groupe Louis Dreyfus achète le massif forestier, bénéficiant de généreuses mesures de défiscalisation. La carte communale a très opportunément omis le zonage « espaces boisés classés ». Un projet éolien de 51 MW pour 16 à 17 machines de 186 m de haut est autorisé en 2014, malgré les avis défavorables des services de l’Etat. En septembre 2016, le groupe canadien Boralex annonce l’achat de la forêt et du projet prêt à construire pour 97 millions d’euros. Après l’annulation des autorisations, la Caisse des Dépôts et Consignations, banque publique, s’en empare

Connaissant l’engagement à nos côtés de requérants modestes et courageux, forts d’une connaissance vraie de la nature et qui ont tout fait pour leur forêt, nous savons que l’annulation du jugement de Rennes causerait dans nos communes rurales une déception grave et profonde.

Mais la Cour peut encore en décider autrement. La forêt retient son souffle. »

 

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