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trois députés demandent l’arrêt temporaire des éoliennes

Éoliennes « tueuses » à Nozay : trois députés demandent l’arrêt temporaire des éoliennes

Trois parlementaires dont Yves Daniel, député de la 6e circonscription de Loire-Atlantique, demandent l'application du principe de précaution pour les éoliennes "tueuses" de Nozay.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/fay-de-bretagne-44130/fay-de-bretagne-des-turbulences-autour-du-projet-de-parc-eolien-6893877

Trois députés sont allés à la rencontre des éleveurs et riverains de Saffré (Loire-Atlantique), ce vendredi 3 juin 2020.
Trois députés sont allés à la rencontre des éleveurs et riverains, à Saffré (Loire-Atlantique), ce vendredi 3 juillet 2020. (©L’Éclaireur de Châteaubriant)

Ce vendredi 3 juillet 2020, trois députés ont rencontré les éleveurs, riverains et experts concernés par le dossier des éoliennes « tueuses » de la région de Nozay (Loire-Atlantique).

En début de matinée, Yves Daniel, député de Loire-Atlantique, Gaël Le Bohec d’Ille-et-Vilaine et Nicole Le Peih du Morbihan, se sont rendus sur l’exploitation Céline Bouvet, éleveuse de vaches laitières à Saffré (Loire-Atlantique).

Lire aussi : Éoliennes « tueuses » à Nozay : les agriculteurs n’attendent aucun miracle des nouvelles expertises

Éleveurs et riverains témoignent

Un déplacement officiel qui intervient quelques semaines après l’annonce par l’État de la mise en place de deux expertises complémentaires pour faire la lumière sur l’ensemble des données collectées depuis plusieurs années. Ces démarches doivent s’enclencher dès début juillet, avec l’intervention sur site d’ingénieurs généraux du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD).

Accompagnée par le couple Potiron, éleveurs de Puceul également concernés, l’agricultrice a fait part des nombreuses problématiques rencontrées depuis l’installation en 2012 des éoliennes du parc des Quatre seigneurs, à cheval sur les communes de Nozay, Puceul, Saffré et Abbaretz (Loire-Atlantique).

 

 

Le vétérinaire de l’exploitation a évoqué la situation de péril sanitaire vécue localement. « On observe des pathologies très particulières chez les animaux qu’on ne sait pas expliquer. » Un géobiologue était également présent pour exprimer ses constatations faites depuis 2014.

Il faut que chacun prenne ses responsabilités, a lancé Didier Potiron, soulignant l’urgence de la situation. On ne veut pas nous écouter, mais il va bien falloir regarder la réalité en face, pour la santé humaine et animale.

Lire aussi : Des éleveurs et leurs vaches victimes d’éoliennes « tueuses » à Nozay ?

Des problèmes de santé récurrents 

Emmanuel Raffray, résidant à 200 mètres de la ferme de Céline Bouvet, a également exprimé ses inquiétudes. Sa famille est régulièrement confrontée à d’importants troubles du sommeil. Pour cet électricien, pas de doute, le circuit électrique du parc en est la cause. « On va être obligés de partir. On ne peut pas vivre un nouvel hiver comme ça. »

Le couple Potiron a par ailleurs rappelé les problèmes de santé qu’il rencontrait depuis l’installation des éoliennes. « Des inflammations au niveau des articulations et une fatigue importante », qui complique l’épilepsie de Murielle Potiron.

Didier et Murielle Potiron ainsi que Céline Bouvet on fait part de problématiques rencontrées dans leurs élevages depuis l'installation du parc éolien en 2012.
Didier et Murielle Potiron ainsi que Céline Bouvet ont fait part des problématiques rencontrées dans leurs élevages depuis l’installation du parc éolien en 2012. (©L’Éclaireur de Châteaubriant)

Ces derniers sont formels, l’activité du parc éolien a une incidence sur leur santé et celle de leurs animaux. La panne d’éoliennes observée pendant quatre jours en 2017 confirme, selon eux, leurs inquiétudes.

« Ça a été nettement mieux en ce qui concerne le comportement des animaux et leur production de lait », rappelle Didier Potiron. Un constat qui corrobore la requête qu’ils adressent à la préfecture depuis un long moment, à savoir : la mise hors tension des huit éoliennes du site pendant trois semaines, pour observer le comportement animal.

« Le promoteur explique que ça représenterait pour lui un million d’euros de perte de chiffre d’exploitation. La seule réponse qu’on nous donne, c’est qu’elles sont aux normes françaises. »

Lire aussi : Coronavirus : « j’ai plusieurs fois pleuré », les soignantes de Châteaubriant racontent la crise

« Nous demandons la mise hors tension du parc »

Sur ce point, les députés ont apporté leur plein soutien, par la voix d’Yves Daniel.

Nous demandons que le principe de précaution soit respecté et donc l’arrêt et la mise hors tension du parc pendant quelques mois, pour voir ce qu’il se passe, une fois que les ondes seront totalement déchargées dans le sol.

Les parlementaires attendent une réponse rapide du gouvernement et demandent la publication d’un arrêté ministériel sur cette question.

Luc Leroy, géobiologue, s'est exprimé devant les députés.
Le géobiologue Luc Leroy s’est exprimé devant les députés. (©L’Éclaireur de Châteaubriant)

« Nous demandons également la reconnaissance dans le droit français de la profession de géobiologue », a par ailleurs indiqué le député de la 6e circonscription de Loire-Atlantique.

C’est un sujet que l’on prend à bras-le-corps, en vue notamment de la transition énergétique, du développement de nouveaux parcs éoliens et de l’implantation de nouvelles antennes-relais pour la 5G. On veut prendre nos responsabilités. C’est un problème de santé publique. Il faut aussi que les constructeurs d’éoliennes soient sécurisés pour demain.

Dans cette perspective, une commission « acceptabilité éolienne » pilotée par le ministère de la Transition écologique et solidaire a récemment été créée au sein de l’Assemblée nationale.

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Publié le 03 juillet 2020 à 14h45 Modifié le 03 juillet 2020 à 16h02

 

https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/eoliennes-et-electromagnetisme-le-sos-d-un-village-breton-video-03-07-2020-12576731.php?share_auth=be2439e2d95c2f19b4becd0a385ce710

Éoliennes et électromagnétisme : le SOS d’un village de Loire-Atlantique [Vidéo]

 

Electromagnétisme. La galère de villages bretons

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En 2012, un parc éolien est implanté à Saffré (44), entre Rennes et Nantes. Depuis, riverains et agriculteurs accumulent les problèmes de santé, pour eux comme pour leurs animaux. L’électromagnétisme dégagé par les éoliennes est pointé du doigt. Une situation qui se répète ailleurs en Bretagne et en France. Des députés s’activent.

C’est une petite route de campagne serpentant à travers champs et hameaux, où des lapereaux joueurs font comprendre à l’automobiliste pressé qu’il n’est pas le bienvenu. Un paysage enchanteur qui ne l’est plus vraiment pour ses habitants depuis qu’en 2012, un parc éolien a été installé à un peu plus d’un kilomètre de là. Bienvenue au lieu-dit Malville, à Saffré (44), commune entre Rennes et Nantes.

Dans sa ferme, déjà là du temps de ses grands-parents, Céline Bouvet élève des vaches laitières. Mais plus avec le même entrain que par le passé. Frédérik Ménard, vétérinaire de l’exploitation depuis 2005, raconte : « C’est à partir de 2012-2013 qu’on a commencé à avoir des pathologies particulières. On a constaté des troubles de croissance chez les veaux, du comportement chez les vaches. Un jour, elles ne boivent pas ; le lendemain, elles ingèrent 70 à 100 litres dans la même journée. On observe aussi une augmentation brutale des taux cellulaires sur les mamelles sans mise en évidence de germes particuliers, des malformations osseuses… »

Au début, tout le monde nous a pris pour des fous. Ça fait sept ans qu’on est en galère

Des problèmes qui coïncident avec l’implantation du parc éolien des « Quatre seigneurs », à un peu plus d’un kilomètre de là. « Quand ils ont fait les trous, il y a eu une série de mammites inexpliquée », décrit à son tour Céline Bouvet. « Et en juillet 2013, quand a été mis en route le parc éolien, on a commencé à voir les vaches piler à certains endroits comme s’il y avait une barrière invisible. L’hiver, elles refusaient de venir manger. Au début, tout le monde nous a pris pour des fous. Ça fait sept ans qu’on est en galère ! » À la clé, des productions laitières qui périclitent et font des victimes, comme Cécile Bouvet, qui a décidé de jeter l’éponge. Elle est sur le point d’arrêter son activité. Un trait sur 23 ans de sa vie.

Maux de crâne et douleurs musculaires

Une décision radicale mais nécessaire. Car les animaux ne sont pas les seuls à rencontrer de drôles de symptômes. « On ressent des maux de crâne qui peuvent durer quatre ou cinq jours. On a des douleurs musculaires », confie l’agricultrice. « On est malades dans nos maisons : fatigue, stress, kystes », raconte à son tour Emmanuel Raffray, un habitant du village. « Je suis devenu électrosensible. Je ne peux plus téléphoner dans ma voiture, avoir de Wifi. Nos membres se mettent parfois à trembler, avec des saccades dans les pieds au point que ma fille, un jour, a fait un trou dans la cloison durant la nuit ». Électricien de métier, ce riverain pointe du doigt un câble de 20 000 volts posé dans le sol, près d’une nappe phréatique. « Mais personne ne vient vérifier ».

Des études, pourtant, il y en a eu à Malville. « C’est le village où il y en a eu le plus en France », avance le député LREM de Loire-Atlantique Yves Daniel, qui se bat sur ce dossier depuis des années. Pas suffisant pour faire bouger l’État et la préfecture. « Pourtant, ce n’est pas un cas isolé », poursuit l’élu. « Il y en a de nombreux autres en France ». En Bretagne, on peut citer Crevin (35), Crédin ou Plaudren (56). Raison pour laquelle Yves Daniel est entouré, ce vendredi 3 juillet, des députés du Morbihan Nicole Le Peih et d’Ille-et-Vilaine Gaël Le Bohec.

Nouvelles études de l’Anses

Leur objectif : faire que les géobiologistes soient systématiquement sollicités avant toute implantation d’éolienne. Ce qui n’a pas été le cas à Saffré. « Car ils arrivent à neutraliser les problèmes », souligne Yves Daniel, qui a réussi à fédérer une trentaine de députés concernés par le sujet. Leur première victoire : l’obtention par les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture d’une mission de l’Anses sur le sujet. Un rapport est attendu pour début 2021. D’autres études vont parallèlement être lancées. « C’est un problème de santé publique. Nous demandons qu’on applique le principe de précaution, qu’on coupe le courant ! ».

Élus comme habitants ne sont pas hostiles au développement des énergies renouvelables. Loin de là. Mais ils ont une exigence : que toutes les conditions sanitaires soient réunies avant d’installer une éolienne. « On veut accélérer dans les énergies durables, mais il faut le faire de façon harmonieuse », insiste Gaël Le Bohec. En attendant, Malville et d’autres continuent de souffrir en silence.

 

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Date de dernière mise à jour : 2020-07-04

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