LES COURANTS VAGABONDS DANS LES HABITATIONS ET DANS LES ELEVAGES

Document TESLABEL Coordination, a.s.b.l.

par J.M.DANZE pour TESLABEL Coordination

 

LES  COURANTS   VAGABONDS

DANS  LES   HABITATIONS

ET

DANS  LES  ELEVAGES

 

Les causes, le dépistage,

les conséquences, les solutions.

 

 

Que sont les courants vagabonds ?

L’expression « courants vagabonds » se réfère à des courants électriques, souvent faibles, qui peuvent circuler dans une habitation ou dans une étable et sont détectables sur des objets métalliques fixés au mur, fixés au sol ou simplement déposés sur le sol. Ces courants sont en général alternatifs, de la fréquence du réseau (50 Hz en Europe, 60 Hz aux Etats Unis et au Canada), mais il n’est pas rare que ces courants soient continus ou semi-redressés suite à l’effet semi-conducteur de certains matériaux (béton, oxydes métalliques, sols particuliers...) traversés par le courant alternatif d’origine.

Ces courants lorsqu’ils atteignent une tension (voltage) suffisante peuvent traverser le corps d’un homme, d’une vache, d’un porc, d’un mouton, d’un chien ou de tout autre être vivant et affecter fâcheusement son état de santé et son comportement.

Dans les conditions habituelles d’élevages, la résistance électrique des animaux est généralement plus faible que celle de l’homme. En effet, l’animal est maintenu sur un sol humide (conducteur du courant) imprégné de déjections (electrolytes conducteurs). De plus, il est souvent attaché à une coursive au moyen d’une chaîne, ce qui crée un nouveau passage possible du courant entre le cou de l’animal et le sol, via le corps. L’homme dans les mêmes conditions est muni de bottes en caoutchouc (isolantes) ou de chaussures à semelles en élastomères (isolants). Il est donc parfaitement isolé du sol. La vache, le porc ou le chien peuvent donc être affectées par des voltages très faibles que l’éleveur ne percevrait même pas.

La voie allant du museau aux sabots est la plus sensible. Il est généralement admis que pour les vaches, le seuil d’inconfort apparait aux environs de 1 Volt en courant alternatif. Des tensions plus élevées provoquent un inconfort plus important. Des expositions intermittentes semblent perturber davantage l’animal qui y est soumis qu’une exposition continue.

Il faut noter que même lorsque le seuil est dépassé, tous les animaux d’une même espèce et d’une même race ne répondent pas toujours à ce facteur de stress en manifestant les mêmes symptômes; mais, lorsque le voltage est suffisamment élevé, les symptômes observés sur l’ensemble de l’élevage sont plus homogènes et apparaissent sur un plus grand nombre d’individus.

Il en va tout autrement dans certaines pièces de l’habitation (salle de bains, par exemple) où, en cas de présence de courants vagabonds, des chocs électriques peuvent se produire si l’habitant des lieux est à pieds nus et touche en même temps un robinet. La mise à la terre de toutes les masses métalliques accessibles (terre équipotentielle) ne garantit cependant pas une protection sans faille, car en cas de perte électrique importante sur une terre de résistance trop élevée, il n’est pas rare de trouver des valeurs de potentiels de plusieurs volts entre les tuyauteries d’eau, les robinets et le sol.

 

Quelles sont les causes des courants vagabonds ?

Les courants vagabonds peuvent avoir plusieurs causes.

· 1. Le retour du courant vers sa source.

Dans la plupart des réseaux électriques du monde, le courant électrique produit par les centrales ou distribué par des sous-stations retourne vers sa source par la terre.

Notre installation est munie d’un fil de « NEUTRE », mais ce fil de neutre est relié à la terre dès la sortie de l’habitation. Ceci signifie que ce courant de retour va suivre dans le sol et le sous-sol les chemins de moindre résistance électrique pour revenir à son point de production. La terre n’est pas un gouffre sans fond dans lequel peuvent se perdre les courants de retour. C’est pour cette raison qu’il n’est pas rare de trouver à proximité de centrales électriques des concentrations anormales de flux de courants vagabonds. Comme ces centrales sont à proximité de plans d’eau ou de fleuves, certaines sources d’eau, ou certaines structures métalliques (tuyaux) proches de ces cours d’eau accusent des potentiels alternatifs parfois assez élevés. Cette cause est la principale origine des courants vagabonds.

· 2. Les raccordements électriques ou des appareils défectueux dans l’habitation ou dans les locaux de stabulation.

Les installations électriques doivent être réalisées avec le plus grand soin. Parfois des raccordements de câblages (boîtes de dérivations brisées ou non étanches) ou des défauts d’isolement (gaînage perforés par des coups d’arcs ou par des coups de foudre) ou des appareils défectueux (moteurs électriques mal isolés, brûleurs de chauffage insuffisamment protégés contre les pertes de courant et les inductions) peuvent être la source de courants se propageant dans les conduites et les structures métalliques.

Mentionnons à titre d’exemples qu’une mise à la terre inadéquate, dans un terrain sableux et sec, une mise à la terre via une plaque métallique trop peu profondément enfouie dans un sol gelé (à conductivité médiocre) peuvent se révéler insuffisantes pour évacuer une perte électrique importante sur l’installation.

· 3. Une perte électrique sur le réseau de distribution voisin du bâtiment ou de la zone de parcours.

Cette perte peut avoir diverses origines parmi lesquelles nous citerons :

- un isolateur en verre ou en porcelaine fèlé ou cassé sur un poteau supportant la ligne (le courant suit la potence métallique puis le poteau , ce phénomène est plus perceptible lors de périodes pluvieuses ou brumeuses).

- une carcasse d’éclairage public présente un défaut d’isolement et le courant suit le poteau support pour se répandre dans le sol où il suit les voies de moindre résistance.

- un transformateur moyenne tension / basse tension situé dans le voisinage accuse une perte (mise à la terre défectueuse ou neutre non correctement raccordé ou neutre ayant un potentiel trop élevé).

- une mise à la terre utilisant une conduite d’eau (ceci devrait être interdit partout) peut collecter des courants provenant d’une anomalie de réseau public ou d’installation privée du voisinage et faire ainsi pénétrer des courants vagabonds dans la maison via le fil de terre.

· 4. Mauvaise conception de l’installation d’un réseau de clôtures électriques.

La clôture électrique se compose d’un générateur de courants pulsés, d’une clôture (fil) et d’une terre de retour. Très souvent, des fermiers peu informés des problèmes liés à ce type d’installation accrochent, raccordent le générateur à l’intérieur d’une étable et réalisent la mise à la terre également à l’intérieur de l ’étable. Parfois la clôture est destinée à fonctionner dans l’étable même pour délimiter les zones de circulation du bétail.

Il va de soi que le courant de retour vers le générateur emprunte le sol comme conducteur. Or, un sol n’est jamais homogène et si des zones d’imprégnation d’eau ou de déjections assurent une bonne conductivité du courant, le courant de retour suivra ces voies de moindre résistance et créera dans le sol des courants vagabonds de tensions et d’intensités variables. Il n’est pas rare de mesurer de tels courants à l’opposé de l’implantation du générateur, tout simplement parce que dans certaines conditions, le sol de l’étable est meilleur conducteur du courant que le sol extérieur. Les courants de retour d’une clôture extérieure à l’étable se retrouvent ainsi aux pieds des animaux.

Il est donc impérieux d’installer un générateur d’impulsions de clôture électrique assez loin à l’extérieur de l’étable et de réaliser la mise à la terre dans une zone éloignée de l’étable.

On peut vérifier le bon fonctionnement de la clôture en effectuant des mesures sur des masses métalliques, par rapport à une terre auxiliaire créée loin de l’étable, tantôt avec générateur d’impulsions en fonction et tantôt avec générateur hors fonction.

· 5. Présence en surplomb ou à proximité d’une ligne à moyenne, à haute ou à très haute tension.

Les conducteurs métalliques (tuyaux, fils, clôtures, tiges, piquets, barrières...) même mis à la terre à l’une de leurs extrémités subissent l’induction de la ligne en surplomb ou proche et sont à leur tour parcourus par des courants plus ou moins importants. On peut mesurer ces courants à l’aide d’une pince ampèremétrique dite « pour courants de fuite », Chauvin-Arnoux CA-173. Cette pince est protégée des inductions extérieures dues à la ligne et ne prend en compte que les courants circulant au centre de l’anneau de mesure.

Ce phénomène est fréquent dans les fermes proches de lignes à haute tension et provoque des chocs électriques sur les animaux au moment où ils s’abreuvent (abreuvoirs métalliques) et pendant qu’ils sont enchaînés à leur stalle métallique. Ces manifestations sont intermittentes et varient en intensité et en durée en fonction du temps (degré hygrométrique de l’air, ampérage de la ligne, imprégnation du sol et du sous-sol).

· 6. La proximité de voies de chemin de fer.

Les rails de chemin de fer assurent en principe le retour du courant vers le poste de transformation. Il s’agit soit de courant alternatif 25.000 Volts pour la France (et pour les trains à grande vitesse en Belgique et aux Pays-Bas), soit de courant alternatifs 16 Hz 2/3 en Allemagne et en Suisse, soit de courant continu en Belgique et aux Pays-Bas. Il n’est pas rare de détecter sur des sites se trouvant à proximité des voies, (jusqu’à 50 mètres) des courants vagabonds dus à la dispersion de ces courants dans le sol.

L’affaire célèbre de l’anneau de l’accélérateur de particules du Centre d’Etudes et de Recherches Nucléaires de Genève qui ne fonctionnait pas depuis sa mise en service et qui s’est brusquement mis à fonctionner pendant les grèves des Chemins de Fer Français en décembre 1995 a tout simplement révélé la présence de courants vagabonds provenant des rails des T.G.V. Lors du passage des trains, ces courants suivaient l’anneau de l’accélérateur comme chemin de moindre résistance vers la terre et en perturbaient le fonctionnement. On peut se poser un certain nombre de questions quant à la compétence des ingénieurs qui avaient la responsabilité d’un appareillage coûtant des centaines de milliards de francs belges et qui n’avaient pas pensé aux courants vagabonds dus au T.G.V. situé en surface.

· 7. La proximité des voies de trams et de métros.

Dans les villes, il n’est pas rare de trouver des courants vagabonds sur les conduites d’eau de distribution. Lorsqu’on analyse le phénomène en profondeur, on s’aperçoit que les trams, tout comme les métros sont parfois la cause majeure de ces anomalies. Les courants vagabonds suivent parfois également les faradisations des câbles téléphoniques et se propagent ainsi à grande distance.

 

Une documentation abondante et pertinente existe à ce sujet .

Nous ferons référence dans l’information présentée ici, à trois documents importants que nous avons sélectionnés en raison de leur indiscutable fiabilité et de la somme des informations qu’ils apportent :

1. « The Merck Veterinary Manual », Sixth Edition, Ed. Merck Rahway U.S.A.1986, pp.619-621.

2. « L’ABC de ce qu’il faut savoir sur les tensions parasites - Une approche globale. » par l’Union des producteurs agricoles, par Hydro-Quebec, par le Gouvernement du Québec, Ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation, par la Corporation des Maîtres Electriciens du Québec (20 pages), Canada,1994.

3. « Courants vagabonds et problèmes de croissance, de reproduction et aspects toxicologiques chez les chiens, les chats et les vaches : une discussion. » par T.A. Marks et al., Vet. Human Toxicol. 37 (2), Avril 1995.

Nous allons résumer chaque document ici et en faire un commentaire global à la fin de cette publication.

1. « The Merck Veterinary Manual », Sixth Edition, pp.619-621.

Le chapitre s’intitule : « Courants vagabonds dans les étables ».

Les manifestations cliniques:

Aucun signe isolé ne peut être retenu comme spécifique. De nombreux signes sont observés sur des vaches exposées à différents niveaux de courants vagabonds.

On constate :

· des périodes intermittentes de faibles performances laitières,

· de faibles descentes de lait,

· traite incomplète, fluctuante voire lactation supprimée,

· comportement anormal durant la traite,

· temps de traite augmenté,

· refus de la nourriture ou de l’eau,

· augmentation du nombre de cellules somatiques dans le lait,

· augmentation du nombre de mammites,

mais ces signes peuvent être attribués à d’autres causes que les courants vagabonds.

Les signes observés sur les porcs sont semblables. les truies ont un comportement aggressif; leur appétit et leur consommation d’eau diminuent, leur production de lait fluctue; il en résulte une augmentation de la mortalité dans les portées. L’anorexie après mise bas, accompagnée d’un peu de constipation est un symptôme majeur de courants vagabonds.

Le diagnostic:

Pour pouvoir confirmer le diagnostic de « courants vagabonds » comme cause des manifestations observées, une différence de potentiel d’au moins 1 Volt doit être mise en évidence entre deux points qu’une vache peut toucher.

Il est utile d’enregistrer les valeurs de potentiel à différents moments de la journée et de la nuit, car il se peut que le seuil ne soit dépassé que par intermittences.

Les courants peuvent être mesurés de point de contact à point de contact (deux points touchés simultanément par la vache) ou de point de contact à point de référence (terre auxiliaire créée loin de toute autre terre ou loin de toute installation électrique).

On utilise un voltmètre possédant une échelle de 2 ou 5 Volts à fond d’échelle, gradué en 1/10 Volt. L’impédance d’entrée du voltmètre doit être d’au moins 5.000 ohms.

Après avoir détecté les courants (> 1 Volt), il faut en déterminer la source.

Celle-ci peut être intérieure ou extérieure à la ferme. On fera facilement la distinction en effectuant les mêmes mesures avec compteur électrique en service puis avec compteur électrique hors circuit. Il est conseillé de refaire plusieurs fois cette comparaison afin d’avoir la certitude des faits (la technique est décrite en détails dans le texte).

Les solutions:

- La cause est intérieure à la ferme:

Il est important de vérifier les installations de la ferme et d’apporter les aménagements nécessaires (remplacer les câbles abîmés ou dénudés, éviter l’humidité sur les contacts et sur les appareils, contrôler les appareils et les mises à la terre).

- La cause est extérieure à la ferme:

Le document recommande de faire appel à la Société d’électricité impliquée(*)

Le comportement des animaux se modifiera de façon objective aussitôt les travaux de réfection du site réalisés.

2. « L’ABC de ce qu’il faut savoir sur les tensions parasites - Une approche globale. »

Il s’agit d’une brochure illustrée, réalisée par une équipe multidisciplinaire. Elle est principalement destinée aux éleveurs. Elle leur fournit le moyen d’identifier puis de remédier, quand la chose est possible, aux courants vagabonds.

Symptômes :

a. Pour les vaches, on observe les symptômes suivants que l’on peut également mettre en relation avec d’autres causes :

******

(*) L’auteur de cette traduction recommande une procédure toute différente afin que le plaignant puisse ultérieurement faire valoir ses droits au dédommagement.

Symptômes Nombre de causes possibles

· périodes intermittentes de comportement anormal 9

· traite incomplète 14

· traite allongée 5

· nervosité, ruades 5

· refus d’entrée dans la salle de traite ou l’étable 6

· réduction de la consommation d’eau ou d’aliments 10

· vaches lèchent l’abreuvoir 10

· augmentation des leucocytes 7

· augmentation du nombre de mammites 7

b. Pour les porcs, on observe les symptômes suivants, mais il importe avant de prendre une décision, de vérifier la ventilation, la qualité de l’eau, la gestion de l’élevage, la santé des porcs etc. :

· diminution de poids

· période d’engraissement allongée

· plancher sale autour de l’auge

· dysenterie, entérite hémorragique

· empilage des porcelets (symptôme très important)

· agressivité

· cannibalisme

Causes des courants vagabonds :

Le courant qui entre dans la maison ou dans la ferme doit retourner d’où il vient, c’est à dire vers le poste de distribution puis vers la centrale. Pour cela il emprunte deux voies successives: de la maison vers la cabine de transformation via un fil spécial (neutre) lui-même raccordé à la terre (couplage en Y), puis de la cabine vers le poste de distribution et la centrale via la terre (voies de moindre résistance).

Parfois ces courants de retour circulent plus facilement sur les conduites et sur les structures métalliques (stalles où les vaches sont enchaînées, par exemple) de la ferme que dans la terre. Parfois, ils suivent également des raccordements de puits d’eau et cheminent dans les sources alimentant la ferme.

Les auteurs attribuent également les courants vagabonds à des défauts de câblage et/ou d’isolement du réseau interne privé de la ferme.

Un élément indispensable : la qualité de la mise à la terre (résistance de terre la plus faible possible).

On admet qu’une vache offre une résistance de 500 ohms au passage du courant. Si la résistance de mise à la terre des structures métalliques entourant l’animal totalise 25 ohms, le courant traversant l’animal sera de 1 milliampère ( 1 mA).L’installation doit être améliorée.

Si on met en place un dispositif de mise à la terre de 5 ohms, le courant traversant l’animal ne sera plus que de 0,6 mA.

La ferme, en raison des nombreux appareils électriques qu’elle met en oeuvre, est un endroit propice à l’apparition de courants vagabonds.

 

Nécessité d’une approche globale :

Il est important de discerner la véritable cause du comportement anormal des animaux !

On peut assimiler les perturbations d’origine électrique à un stress. Il faut donc étudier les différentes possibilités de cause de stress. On peut, selon les auteurs, les résumer comme suit :

· les causes physiques : blessures, empoisonnements, chocs électriques, etc.

· les causes liées aux soins et à la technique d’élevage : malnutrition, manque de soins, etc.

· les causes sociales : confinement, manque d’interaction, etc.

· les causes relationnelles : rapport et hiérarchie avec les humains et les autres animaux.

Il faut souligner que dans beaucoup d’élevages intensifs, les conditions de vie sont très éloignées de conditions « naturelles », ce qui est déjà un facteur de stress en soi.

Même si les animaux perçoivent le courant, ils ne réagiront pas tous de la même manière, en fonction de leur état de santé et leur productivité ne diminuera pas nécessairement de façon homogène.

Les auteurs énumèrent dans la brochure les causes possibles d’altérations de la santé, étrangères aux courants vagabonds chez les vaches laitières et chez les porcs.

Mesures à prendre en cas de soupçons.

Faire appel à des spécialistes afin de cerner le problème (*): électricien compétent et vétérinaire averti de ces problèmes. Faire procéder à des mesures de tensions sur les masses métalliques et les canalisations. 

Effectuer les corrections puis attendre. Les résultats ne se manifesteront pas nécessairement immédiatement.

Les systèmes correcteurs.

a. Les systèmes passifs :

- le filtre Hammond. Celui-ci permet de séparer le neutre de la ferme, du neutre du réseau, en limitant l’accès aux courants indésirables qui arrivent par le conducteur neutre. Il faut prévoir un filtre par 200 Ampères. Ce dispositif n’a qu’une efficacité limitée contre les courants provenant d’une autre source que le neutre.

- le dispositif STD. Ce dispositif à double isolement crée un plan équipotentiel dans l’environnement proche de l’animal en utilisant un raccordement des masses métalliques susceptibles de toucher l’animal avec le sol délimité sous lui. C’est en somme un plan équipotentiel bien délimité. Il faut souligner que si les courants de sol sont élevés, l’efficacité du système sera réduite.

******

Note du rédacteur: (*) Attention, car certains « spécialistes » sont juges et partie et sont souvent liés à des sociétés d’électricité qui minimisent leurs responsabilités et évitent ainsi de dédommager les plaignants !

- le plan équipotentiel. Il consiste à noyer dans le béton un treillis métallique soudé que l’on connecte aux arceaux et aux coursives des stalles de l’étable puis que l’on raccorde à la terre de branchement. En somme, toutes les pièces métalliques de l’étable sont reliées à une seule et même terre (*).

Il faut prendre garde aux soudures des raccordements équipotentiels, surtout dans les salles de traite, car des soudures réalisées entre des métaux différents et soumises à l’humidité peuvent engendrer des effets de piles et générer des courants continus sur les machines de traite.

- le transformateur d’isolement. Ce transformateur s’installe sur le branchement principal du bâtiment d’élevage. Il isole ainsi électriquement parlant, ce bâtiment du réseau de distribution et limite la dispersion des courants de retour de neutre. Il ne résout pas le problème des courants provenant de l’extérieur de la ferme (**).

b. Les systèmes actifs:

- le système EGS : Ce système met en oeuvre un courant contraire (en opposition de phase, c’est-à-dire décalé de 180°) injecté dans le sol ou dans les parties métalliques du bâtiment. Il est censé éliminer ainsi les courants venant de l’extérieur de la ferme. L’appareil est programmé par un système électronique qui suit la phase en temps réel. Il injecte un courant pouvant atteindre 30 Ampères.

- le système NCV 1000 : Ce système électronique mesure le courant circulant dans le câble de terre des stalles et dans les structures métalliques et injecte sur ces stalles et sur ces structures un courant égal, mais décalé en phase de 180 ° (opposition de phase).

3. « Courants vagabonds et problèmes de croissance, de reproduction et aspects toxicologiques chez les chiens, les chats et les vaches : une discussion. » par T. A. Marks et al.; Vet. Human Toxicol. 37 (2), Avril 1995.

Nous avons choisi de faire figurer cet article dans le présent document parce qu’il décrit des situations vécues sur le terrain pendant plus de douze ans, par des éleveurs de chiens. Ces éleveurs sont eux-mêmes scientifiques de haut niveau. Dans leur désarroi, ils ont mis sur pied un groupe d’études privé: le Groupe d’Etudes d’Allegan, (U.S.A.). Ce groupe en plus d’avoir réalisé une somme extraordinaire d’observations s’est mis en rapport avec des éleveurs de vaches laitières ayant rencontré les mêmes problèmes de courants vagabonds.

Les données recueillies sortent du cadre habituel de l’anecdotique et devraient contribuer à faire évoluer les mentalités et les décisions politiques. Elles devraient servir de base dans un très proche avenir à une réglementation plus contraignante du transport et de la distribution du courant électrique.

Nous donnerons ici les têtes de rubriques ainsi qu’un résumé succinct de chaque développement.

******

Notes du rédacteur: (*)Ce dispositif est obligatoire en Belgique (Réglements Généraux d’Installations Electriques).

(**)Eloigner le transformateur à plus de 15 mètres de l’habitat et des étables en raison des champs magnétiques rayonnés par celui-ci et constituant eux aussi un facteur de stress !

Eléments et faits constatés à l’élevage canin d’Allegan.

Un élevage de chiens a perdu au cours des douze années qui précèdent l’étude plus de 120 portées de chiots. La plupart des chiots morts étaient malformés, tout comme l’étaient également les quelques survivants. De tels problèmes ont débuté en 1969, après le forage d’un puits plus profond et la construction d’un nouveau chenil en béton avec une clôture métallique. Avant cela, la propriétaire de l’élevage avait vu naître et avait élevé avec succès au moins 15 portées de chiots par an dans un vieux poulailler en bois. L’ancien chenil n’avait qu’un éclairage minimum, un chauffage à gasoil à propulsion d’air chaud et aucune tuyauterie intérieure, tandis que le nouveau bâtiment était muni d’installations et d’appareils électriques ainsi que d’une installation d’eau complète.

Des chiens ayant un bon passé de reproducteurs, importés dans le chenil ont révélé après 6 mois les mêmes problèmes de reproduction que ceux attachés au chenil. Des contrôles sévères de la ration alimentaire n’ont révélé aucune anomalie ni la présence d’aucune substance toxique dans l’élevage.

Au début de 1980, on a abouti à un arrêt complet de la reproduction. Des comptages de sperme effectués chez les mâles ont révélé des chutes dramatiques.

Les signes cohérents n’étaient pas observables, mais lorsque des chiennes ont été transportées sur un autre site, elles ont pu, avec le temps donner naissance à des portées de jeunes viables, ce qui indique clairement l’existence d’un problème environnemental localisé au chenil. L’effet n’était pas saisonnier et ne semblait pas lié au fait que les chiens fussent maintenus dans le chenil ou dans l’habitation ou sur l’aire clôturée. Les facteurs génétiques peuvent être écartés puisque des chiens éloignés du site retrouvent un cycle reproducteur normal.

D’autres signes cliniques observés sur les chiens comprenaient des chutes de poils et plusieurs chiens mis temporairement en pension dans le chenil sont morts ou ont dû être sacrifiés parce que gonflés. L’autopsie révélait une torsion gastrique (les mêmes constatations ont été faites pour des vaches exposées à des courants vagabonds); l’estomac tordu ne permettait pas le passage de la nourriture. En 1980, les valves du pylore de certains chiots manifestaient une paralysie et le lait ne passait pas. Les chiots sont morts en poussant des cris de douleur, en dépit des efforts héroïques déployés pour les maintenir en vie. Très souvent les chiennes n’avaient pas de lait et / ou ne voulaient pas allaiter (ce comportement existe chez les vaches soumises à des courants vagabonds). Des déformations nasales sont apparues chez des chiens adultes, les dents sont tombées. Un fibrosarcome a été observé chez un chien jeune et de nombreux cancers sont apparus sur des chiens à des âges inhabituellement bas. Des chiens ont été retrouvés morts alors qu’ils paraissaient en bonne santé quelques heures auparavant.

Des tests effectués dans des fermes laitières voisines avaient révélé la présence dans ces fermes de courants vagabonds. Les deux fermiers concernés ont amené leur matériel de mesure et ont constaté dans l’élevage canin d’Allegan, la présence de courants vagabonds (par exemple 2,45 Volts en courant alternatif sur la tête du puits). Le courant n’était pas constant et des émergences transitoires se manifestaient fréquemment (pics de tensions).

Faits constatés au chenil de Gobles.

A peu près au même moment, des problèmes similaires se manifestaient dans un chenil de la région de Van Buren, à 25 km d’Allegan. Ce chenil était construit depuis peu sur la propriété d’une vétérinaire pathologiste, éleveuse de chiens, C.C. Ratke, ayant derrière elle 18 ans de réussite en élevage canin en d’autres lieux.

Peu après l’aménagement dans le nouveau chenil des pathologies des pattes sont apparues : kystes interdigitaux. On a également constaté une grande incidence d’infections urinaires. Une diminution de la consommation d’eau était manifeste. Les chiens refusaient de boire dans leurs écuelles métalliques. De plus les chiens éprouvaient une réticence à entrer dans le bâtiment. Ils refusaient de manger dans leurs écuelles même lorsqu’ils avaient faim (les chiens pouvaient avoir subi des décharges électriques au contact de leurs écuelles).

Des douleurs musculaires ressemblant à des crampes se manifestaient chez plusieurs chiens adultes sans lésion préalable et en absence de toute activité ayant pu justifier la douleur.

Des problèmes de reproduction étaient très répandus et comprenaient des irrégularités de cycles chez les chiennes, des échecs de saillies et des avortements. Ces problèmes sont apparus chez des chiens qui dans leur chenil précédent ont eu des cycles normaux et ont amené normalement des portées à terme. La seule portée obtenue depuis le déménagement dans les locaux actuels provenait d’une chienne qui avait été envoyée en dehors du site pendant une grande partie de sa gestation.

Cinq chiots sont morts brusquement de ce qui apparaissait être une électrocution.

Des mesures effectuées dans la propriété ont révélé la présence de courants vagabonds (en courants alternatifs et en courants continus). Aucun des tests n’a révélé d’erreur de câblage ou de raccordement de l’installation, ni de malfaçon sur le réseau intérieur de la propriété.

Toutes les tentatives effectuées par la société d’électricité, sous les directives de la commission des services publics, en isolant le transformateur, en réalisant une meilleure mise à la terre, n’ont pas amélioré la situation.

Ceci représente cinq années de pertes en potentiel d’élevage. De plus la propriété grevée d’un tel handicap est invendable.

Que penser des dangers potentiels pour les humains résidant sur de tels sites ?

Aperçu concernant les courants vagabonds.

Des tentatives en vue de résoudre les problèmes de courants vagabonds en ce qui concerne les vaches laitières ont fait l’objet de nombreux colloques et de séries impressionnantes de publications, mais la difficulté de recueillir une bibliographie concernant cette matière réside dans le fait que, depuis plus de 40 ans les publications sont dispersées dans divers journaux scientifiques et leur diffusion en est ainsi considérablement limitée. Ce qui est particulièrement grave dans cette dispersion, c’est que cette bibliographie échappe ainsi à la consultation en routine par les toxicologues.

Une étude réalisée aux U.S.A. a mentionné que les courants vagabonds observés dans les fermes de l’Ontario sont dans leur quasi totalité attribuables à la résistance trop forte du neutre de distribution du réseau (le courant de retour du courant s’opérant alors par le sol dont la résistance est plus faible).

Indications de la présence de courants vagabonds dans les fermes laitières.

Bien que les signes de problèmes liés aux courants vagabonds observés sur les vaches puissent varier d’une ferme à l’autre, la liste fournie par les auteurs comprend la plupart des problèmes cités :

· périodes intermittentes de faible production laitière

· faible production laitière inexpliquée

· augmentation de l’incidence des mammites

· nombre élevé de cellules somatiques dans le lait

· augmentation de la durée des temps de traite

· dégorgement incomplet du pis

· nervosité extrême dans la salle de traite

· réticence à entrer dans la salle de traite

· sortie précipitée de la salle de traite

· réticences à boire dans des cuvettes à eau ou dans des abreuvoirs métalliques

· comportement alimentaire anormal (lapement d’eau sur les arroseurs)

· problèmes de reproduction

· pieds enflammés au niveau de la jonction du sabot

· tumeurs inexpliquées

· traitements médicaux inefficaces

· diminution évidente des réponses immunitaires

Cette problématique peut apparaître dans tous types d’élevages: bovins, porcins, ovins, équins, canins où les animaux sont en contact direct avec le sol.

On peut en outre noter que toute situation d’un élevage où existe un plan d’eau ou un cours d’eau proche à proximité d’un réseau électrique est candidate à des problèmes de courants vagabonds.

Notions fondamentales en électricité.

Une grande partie du courant électrique qui quitte la centrale de production n’y revient pas par une ligne de transport de courant, c’est-à-dire via un fil de neutre, mais par la terre. On estime qu’entre 33 et 65 % du courant retourne ainsi à la centrale de production en utilisant la terre comme conducteur secondaire du neutre.

La plupart des circuits électriques dans le monde sont mis à la terre de façon répétitive. Il est fréquent de voir certaines habitations raccordées à la terre via la conduite d’arrivée d’eau, ce qui signifie que le courant électrique a un accès direct aux sources d’eau potable. Donc, le fil de neutre et la terre, avec tous les objets et toutes les structures métalliques qui y sont enfouies fonctionnent comme un réseau de retour du courant via la terre. Cependant, la terre ne peut pas être considérée comme un gouffre sans fond dans lequel l’énergie pourrait être déchargée.

En fait, les compagnies d’électricité ont utilisé les rivières comme neutre secondaire, pas seulement en vue de disperser la foudre, mais également en vue d’assurer le retour des courants artificiels. Lorsque de tels courants sont présents dans une étable ou dans un chenil, par exemple via l’eau d’un puits, et suivent les barres métalliques d’une dalle en béton, la situation peut devenir critique pour les animaux et pour les humains. En effet, dans ce cas, le corps de l ’animal ou de l’homme peut servir d’intermédiaire entre un conducteur portant une tension suffisante et un second conducteur de potentiel plus bas. L’être vivant devient ainsi la voie de moindre résistance. Beaucoup de choses peuvent se produire en fonction de la résistance du corps traversé. Plus faible est la résistance, plus élevé est le courant traversant le corps (loi d’Ohm).

Problèmes de comportement chez les chiens.

Le fait le plus étrange constaté, tant dans les fermes laitières d’Allegan que dans les élevages de chiens, est la mort subite d’animaux sans qu’ils aient présenté de signes avant-coureurs.

Des chiens refusaient de rentrer dans le chenil après la promenade, même lorsque la nourriture était servie. Ils semblaient craindre un danger invisible.

Un chien récemment introduit dans le chenil avait un excellent appétit. Très rapidement après son arrivée, il refusa de manger dans une écuelle en métal. Il n’acceptait de manger que dans une écuelle en plastic. Sur certains parcours extérieurs, les chiens refusaient de boire de l’eau dans des seaux métalliques et survivaient en buvant de l’eau de flaques.

Des courants alternatifs et des courants continus ont été mesurés sur les écuelles métalliques, sur les clôtures, le long des parcours de promenades. Souvent des chiens refusaient brusquement de traverser une flaque d’eau dans la cour alors qu’ils y pataugeaient quelques minutes plus tôt.

Environnement du chenil d’Allegan.

Le chenil d’Allegan est situé dans un cadre rural et est voisin de la forêt de l’Etat d’Allegan et du lac Allegan (partie de la rivière Kalamazoo); une centrale électrique se trouve à 4,8 km du chenil et une sous-station de transformation se trouve à 1,6 km. Une autre centrale est située à 40 km au Sud-Est du chenil.

On ne trouve pas d’animaux tels des souris et des rats, dans les dépendances du chenil, bien que les aliments pour chiens y soient entreposés en vrac. On ne trouve pas d’excréments de rats ni de souris, même sous les palettes que l’on n’a pas déplacées depuis des mois.

Les moustiques ont pratiquement disparu des marais proches (la situation est la même au chenil de Gobles, Michigan).

Les grenouilles on disparu des étangs voisins alors qu’elles étaient nombreuses il y a plusieurs années.

Comme dans les fermes laitières subissant les courants vagabonds, la foudre a souvent frappé le chenil, l’habitation et la propriété adjacente. Les interférences téléphoniques sont fréquentes.

Problèmes associés aux courants vagabonds chez les humains.

Un des fils d’un fermier laitier mentionné a été presqu’électrocuté en manipulant un hauban en acier dans la cour de la ferme. Les niveaux de créatine-kinase relevés sur les résidents de cette ferme laitière étaient très élevés par rapport à la normale (indication de dégradation musculaire et aussi d’électrocution).

Effets établis de l’électricité sur les humains.

Il est en général très difficile de déterminer à posteriori si un décès a eu lieu suite à une électrocution, surtout lorsque les courants présumés coupables sont de faible intensité. Les signes cliniques ressemblent aux symptômes d’une fibrillation ventriculaire suite à une défaillance cardiaque. De plus le seuil de sensibilité aux courants est individuel.

Courants vagabonds comme polluants de l’environnement.

Il est inconcevable qu’une société qui se préoccupe de traces de produits toxiques pouvant être présents dans l’environnement (métaux lourds, résidus de pesticides, résidus de combustion de moteurs diesel, amiante...) n’accorde aucune attention aux pollutions électromagnétiques, ni aux pollutions dues aux courants vagabonds. Il est vrai que l’influence d’un courant électrique cesse dès que l’on actionne un interrupteur.

Pourtant les courants vagabonds suivent les pipe-lines de gaz et rendent ceux-ci plus vulnérables à la corrosion (effets galvaniques). Or le gaz véhiculé par ces pipe-lines est sous pression élevée. La conjonction courants vagabonds (arcs électriques), gaz, corrosion constitue un risque indéniable d’explosion qui semble ne préoccuper aucune autorité.

Types de configurations contribuant à l’apparition de courants vagabonds.

Les courants vagabonds sont loin d’être constants (état stationnaire). Ils fluctuent parfois apparemment de manière aléatoire. Des courants plus importants apparaissent à proximité des voies d’entrées: puits, lignes électriques aériennes, lignes souterraines, tuyaux métalliques d’eau et de gaz, câbles téléphoniques.

L’origine peut être en dehors du site concerné ou à l’intérieur de son périmètre.

Les courants vagabonds se manifestent soit par conduction (contact), soit par couplages inductifs (influence à distance via des champs électromagnétiques), soit par couplages capacitifs (transferts par variations de charges électriques à travers un matériau diélectrique). Ces trois cas peuvent se présenter en présence de courants vagabonds, ce qui rend parfois difficile l’analyse du phénomène.

Des effets peuvent se superposer et être d’origines différentes: par exemple un courant continu dû à un phénomène de corrosion d’un métal enfoui dans le sol (effet de pile) peut se superposer à un courant alternatif provenant du réseau de transport ou de distribution électrique. Des flux de migrations d’ions métalliques, des phénomènes piezo-électriques naturels peuvent également entrer en jeu.

Personne ne peut déterminer de façon certaine (ni même probable) les voies que suivent les courants de neutre dans le sol. L’utilisation d’une terre commune est incontrôlable. Les voies sont laissées au choix de la Nature! On suppose que sur les réseaux secondaires (quand le neutre existe réellement), les courants de retour vont suivre le fil de neutre, mais il n’est pas garanti que les choses vont se passer comme on l’attend.

Champs électromagnétiques.

Jusqu’ici, aucune tentative n’a été faite pour dissocier nettement les effets nocifs des champs électromagnétiques de ceux des courants vagabonds. Le niveau de complexité et d’interaction réciproque des deux facteurs est tel que les chercheurs n’arrivent pas à les discerner.

Les auteurs estiment qu’il serait bon à l’avenir d’étudier plus en détails l’implication de chaque type de pollution.

Fermes à production laitière comme élément de prévision.

Dans les fermes à production laitière, la diminution de production laitière et les comptages de cellules somatiques dans le lait peuvent servir d’élément de comparaison entre des fermes ne subissant pas de courants vagabonds et des fermes qui en sont victimes.

Il existe également une vaste information anecdotique concernant les problèmes de santé humaine dans les fermes victimes de courants vagabonds. Ces problèmes attendent depuis plus de 30 ans d’être étudiés en profondeur par des moyens appropriés.

Les autorités locales et nationales en matière de santé, aux U.S.A., dont la mission clairement définie était de surveiller les effets potentiels de facteurs d’environnement sur la santé ont failli à leur tâche en ne prenant pas ces problèmes au sérieux. Il est évident que ces courants vagabonds présents dans des fermes ont des effets néfastes sur la santé des fermiers et des animaux.

Solutions à ces problèmes.

Il est peut-être surprenant pour certaines personnes que des mises à la terre locales puissent servir de voies pour conduire le courant hors de terre et le renvoyer sur le vaste neutre du réseau de distribution, en faisant en sorte que les courants vagabonds deviennent un moyen d’utiliser la terre comme voie de retour, et non un phénomène échappant à notre contôle comme indiqué par Surbrook et Reese.

Une voie pour réduire ou éliminer les problèmes associés aux courants vagabonds consiste à éliminer ou à réduire les courants de terre provenant de neutres.

Cependant, la suggestion proposant que davantage de circuits de retour de neutre pourraient être employés semble plus rationnelle, mais ne serait pas nécessairement la solution finale. En effet, ceci ne peut être concevable qu’avec un suivi minutieux des systèmes électriques. Une solution pourrait être trouvée en plaçant un câble de retour (neutre) isolé et non raccordé à la terre sur l’ensemble du réseau actuel de distribution. Le coût de cette modification du réseau serait élevé mais efficace.

D’autres tentatives réalisées localement n’ont pas eu d’effet.

Utilisations de l’électricité en médecine.

Des courants électriques à faible intensité et à basses tensions sont utilisés en médecine depuis plusieurs années, ce qui signifie que ces courants ont réellement des effets biologiques.

On peut dès lors s’étonner du fait que les effets des courants vagabonds ne sont pas acceptés par l’ensemble de la communauté scientifique alors que ces effets sont observables dans les élevages d’animaux où règnent des courants vagabonds.

Electricité et homéostasie.

Les courants électriques ont un effet clairement démontré sur l’organisation physiologique des êtres vivants. Si l’on tient compte de l’importance du transfert d’électrons dans tous les aspects de la physiologie cellulaire et de la biochimie, de tels effets ne sont pas surprenants. Cependant l’intégration de la physique dans la biochimie est loin d’être entrée dans la conscience de la plupart des chercheurs. On peut pourtant démontrer facilement que l’énergie bioélectrique joue un rôle majeur dans le maintien de l’équilibre de la vie (homéostasie).

Le fait de nier que des courants vagabonds pénétrant dans une habitation par les tuyauteries d’eau froide ou par des structures métalliques, puissent avoir des effets divers sur la santé des êtres vivants qui y sont soumis, en fonction de la nature de ces courants (courant continu ou courant alternatif) et en fonction de leur tension (seuil de sensibilité) est difficilement acceptable.

Courants vagabonds et santé humaine.

Les champs électriques et magnétiques ont souvent été associés à des risques pour la santé: diminution de l’immunité, troubles de la reproduction, troubles de la croissance, troubles neurologiques, perturbations hormonales, cancers leucémies.

Il serait bon de tenir compte aujourd’hui des problèmes vécus par les éleveurs, eux-mêmes victimes de la présence de courants vagabonds.

Il serait peut-être judicieux d’accepter l’hypothèse selon laquelle les champs électromagnétiques ne seraient pas la seule composante de la pollution par l’électricité. Ceci ne devrait pas être un problème difficile à aborder étant donné que chacune des variables peut être mesurée. Mais, en matière de courants vagabonds, il semble dès maintenant judicieux de prendre en compte des fluctuations importantes de la tension électrique observée. Un courant de tension constante n’a pas le même effet biologique qu’un courant constant.

 

Motifs de réflexions.

La plupart des sociétés américaines productrices et distributrices d’électricité ont reconnu qu’elles sont responsables des courants électriques souterrains et que les courants vagabonds qui en résultent interfèrent avec la production laitière. Certaines fermes sont équipées de matériel électrique important, sujet à des pertes de courant et certaines autres ont des installations électriques intérieures inadéquates, ce qui pourrait à certains égards justifier la présence de courants vagabonds, mais les élevages de chiens ne disposent pas de ces machines et leur aménagement se rapproche de celui d’une habitation. Le fait de déconnecter les terres de neutre primaire des terres de neutre secondaire dans les fermes laitières a souvent amené une réduction significative ou l’élimination des courants vagabonds, tandis que le fait de rétablir les connexions faisait réapparaître les problèmes.

Pourtant, les efforts faits par les propriétaires des chenils, selon les directives de la société d’électricité et de la Commission des Services Publics n’ont donné aucun résultat.

Si une quelconque entreprise industrielle aux U.S.A. déversait dans l’environnement des produits naturels ou synthétiques en quantités mesurables, une telle contamination serait soumise à l’examen minutieux de l’état et du pouvoir fédéral. Ceci serait spécialement le cas si le contaminant de l’environnement était considéré comme mortel pour l’homme à n’importe quelle concentration.

Cependant, malgré une mise en garde répétée indiquant que dans certaines circonstances les courants alternatifs peuvent être un danger de mort, il est jusqu’ici difficile d’obtenir des textes de réglementation en matière de courants vagabonds à un quelconque niveau de l’administration. Seuls les Etats Américains du Minnesota et du Wisconsin reconnaissent légalement les effets nuisibles des courants vagabonds.

Les fermiers et les éleveurs de chiens sont des personnes habituées à travailler durement et le simple fait de lire des rapports concernant les endroits subissant des courants vagabonds apportera une plus large information sur les difficultés économiques rencontrées par les victimes.

***************************

Commentaires :

Les courants vagabonds constituent un réel problème de santé publique.

Il est important de savoir si ces courants sont imputables à l’installation intérieure ou à des causes extérieures. Ceci peut aisément être mis en évidence en effectuant des mesures tantôt avec le compteur électrique en service, tantôt avec le compteur hors service. Il faut impérativement répéter les mesures à plusieurs moments de la journée et sous différentes conditions climatiques (humidité, pluies abondantes, gel, temps brumeux, période sèche), car les imprégnations du sol en eau peuvent modifier les passages du courant et les effets de conduction et d’ionisation de l’air par les lignes à hautes tensions proches sont liés au degré hygrométrique.

L’appareil de mesure peut être un simple multimètre à affichage digital connecté à une mise à la terre auxiliaire (tige en laiton ou en cuivre) grâce à un câble suffisamment long.

Consulter à ce propos l’ouvrage « Pourquoi et comment mesurer les champs électriques et magnétiques 50 / 60 Hz .» par J.M. Danze , R. Santini, P. Le Ruz, J.L. Mercier et M. Bousquet , Edition Encre Paris.(1994), pp. 95-97.

Lorsque ces courants sont dus à des problèmes inhérents à l’installation électrique ou à des appareils utilisés en aval du branchement avec le réseau de distribution, le problème peut être relativement facilement résolu en améliorant l’installation, en remplaçant les câbles abîmés, en faisant vérifier et réparer les appareils présentant des pertes, en installant de nouvelles mises à la terre éloignées de l’enceinte où les hommes et les animaux circulent et vivent.

Lorsque ces courants sont dûs à des causes extérieures, soit à des tensions de retour entre terre et neutre du réseau, soit à des pertes sur les lignes du réseau de distribution. Ces pertes peuvent être causées par des isolateurs défectueux, par des carcasses d’éclairage public dégradées qui accusent des pertes de courant. Les bâtiments auxquelles ces carcasses sont accrochées subissent des courants cheminant dans les murs surtout par temps humide. Si ces carcasses sont fixées à des poteaux en métal ou en béton, le courant passera dans le sol via les poteaux ou via la mise à la terre anti-foudre du poteau.

Lorsqu’une ligne à très haute tension est proche, il peut se produire une induction dans les structures métalliques du bâtiment voisin ou sur les clôtures. Même la mise à la terre de ces éléments métalliques n’offre pas une garantie de la suppression des courants vagabonds induits. L’humidité du sol ou la présence dans le sol de masses métalliques (minerais) peut accentuer ce phénomène d’induction. Il est ici encore important de réaliser des mesures dans différentes conditions climatiques.

Si l’on se rend compte d’une implication probable de la société d’électricité, il importe d’être extrêmement prudent afin de pouvoir ultérieurement faire valoir ses droits en cas de sinistre.

Il faut immédiatement s’assurer la collaboration d’un expert indépendantAttention, car certaines sociétés d’électricité puissantes ont elles-mêmes créé des bureaux d’experts et des laboratoires d’expertise. Ces sociétés se cachent sous des noms parfois inattendus. Etant donné la complexité du sujet, il va des soi que la personne non informée qui est confrontée à ce genre de groupe n’a guère d’illusions à se faire quant à la reconnaissance du préjudice subi. Il faut surtout s’opposer à l’intervention d’un expert non désiré.

Donc en cas de mise en évidence de cette cause de courants vagabonds, il faut faire immédiatement rédiger un exploit par un huissier de justice et requérir l’assistance d’un expert en s’assurant qu’il est indépendant de toute société distributrice d’électricité, c’est à dire qu’il n’a pas touché de rémunérations de sociétés d’électricité (certains professeurs d’université reçoivent des sociétés d’électricité et de télécommunications des crédits de recherche).

Il faut prendre des photos et les faire authentifier par l’huissier.

Eviter de laisser emporter d’éventuelles pièces à conviction.

Si la cause exacte n’est pas déterminée, mais provient bien de l’extérieur de la propriété, faire appel à un expert indépendant et le prier de requérir la présence d’un huissier aussitôt le facteur déterminé.

Ces procédures permettront à la victime de faire valoir ses droits et d’aller au besoin en justice avec des chances de succès

 

Document TESLABEL Coordination, a.s.b.l.

B.P. 89
1170 Bruxelles 17
Tél et fax : 32.(0)2.673.12.01

Belgique

- Courants vagabonds dans les habitations et dans les élevages . -

par J.M.DANZE pour TESLABEL Coordination

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×